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 Fleur de Paimpol - Madre Anna

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Antonio Velasco

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Date d'inscription : 01/02/2007

MessageSujet: Fleur de Paimpol - Madre Anna   Ven 2 Fév - 12:37

Fleur de Paimpol

On m’appelle La Fleur de Paimpol
Je suis un petit sloop corsaire.
Qu’il pleuve ou qu’il vente je m’envole
Je suis un vrai oiseau des mers.

Ces quatre vers de ritournelle retentissaient dans chaque port, à chaque départ, entre les cris des marins. Tandis qu’ils vérifiaient les voilages, les cordages, le bastingage, ils se donnaient du cœur à l’ouvrage en fredonnant gaiement l’hymne de leur bateau.
Il valait mieux qu’ils fussent joyeux, ces matelots, car chaque voyage pouvait bien être le dernier. Dans la mer des Antilles, la mer était impitoyable, une erreur, impardonnable. Rencontre, tempête, récif, hasard ou embuscade, chacune de leur manoeuvre pouvait être mortelle.

On m’appelle La Fleur de Paimpol
Je suis un petit sloop corsaire.
Qu’il pleuve ou qu’il vente je m’envole
Je suis un vrai oiseau des mers.

Ces quatre vers de ritournelle résonnent maintenant au beau milieu des flots. La mer est calme, pas une voile à l’horizon, c’est l’heure de la lessive ou du courier. Des dizaines de petites voiles improvisées fleurissent sur les haubans, claquant au gré de l’alizée. Les matelots qui frottent, les marins qui se lavent, les mousses qui récurent, fredonnent tous les notes, qui les ramènent autant que le feraient les mots vers leurs terres bretonnes, vers leurs lointains rivages.
Il valait mieux qu’ils fussent soignés, ces matelots, car ce voyage pouvait bien être le dernier. Une voile noire arrivait à l’horizon, et cette rencontre pouvait être mortelle.
Les marins qui se souviennent, les marins qui écrivent, les marins qui espèrent, rentrer dans leur pays, revoir leur dulcinée, embrasser leurs enfants.
Il valait mieux qu’ils fussent frivoles, ces matelots, car ce voyage pouvait bien être le dernier. La vigie aperçut le vieux pavillon noir, on cria le branle-bat, et ce combat allait être mortel.

On m’appelle La Fleur de Paimpol
Je suis un petit sloop corsaire.
Qu’il pleuve ou qu’il vente je m’envole
Je suis un vrai oiseau des mers.

Ces quatre vers à peine audibles vibrent dans le fracas des armes. Les voiles ne sont plus blanches, noircies par les canons. Celle-là qui claquait tendue en haut du mât se contente de battre, mollement, lentement, lacérée de boulets. Les marins qui les chantent ont des accents rageurs, le couteau à la main, ils bataillent et égorgent. Le linge qui séchait est rougi par le sang. Les pirates sont là et pillent sans pitié.
Il valait mieux qu’ils fussent vaillants, ces matelots, car ce combat pouvait bien être le dernier. La voile repartait, chargée de leurs richesses, emportant leur jeunesse. Et le combat avait été mortel.

On m’appelle La Fleur de Paimpol
Je suis un petit sloop corsaire.
Qu’il pleuve ou qu’il vente je m’envole
Je suis un vrai oiseau des mers.

Ces quatre vers surnagent lorsque le bateau coule. Le sloop a démâté, et sa coque est percée. Les cadavres jetés sans même une prière, l’aumônier a péri aussi bien que les hommes. Les canots sont à l’eau, quelques hommes à bord. Ils rament en chantonnant, complainte vengeresse et hommage funèbre.
Il valait mieux qu’ils fussent soudés, ces matelots, car ce combat ne serait pas le dernier. Ils repartaient au port, leurs dernières forces ramant. Ils repartaient au port, trouver un charpentier. Ils repartaient au port, mais pour réembarquer. Un nouveau sloop naîtrait, on le baptiserait. Le Fleur de Paimpol à nouveau flotterait.

On m’appelle La Fleur de Paimpol
Je suis un petit sloop corsaire.
Qu’il pleuve ou qu’il vente je m’envole
Je suis un vrai oiseau des mers.

Madre Anna le 15 février 2006.
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