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 Ombre et Lumière

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Anton

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MessageSujet: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:25

Les écrits qui suivent proviennent d'un manuscrit signé par Ronan de Touru. Ils relatent un épisode de la vie d'Anton, ancien gouverneur de la colonie de Port-Louis.



Passé recomposé


Anton était en haut du phare. De là, il observait la totalité de l'île et voyait les autres habitants errer de ci, de là, en quête d'aventures, de gloire, de richesses. Il avait connu les fastes de la vie de cour en France, il avait connu les mondanités alors qu'il était gouverneur de la ville de Port-Louis mais maintenant, il s'ennuyait.

Un homme, en long manteau noir, entra dans la pièce, essoufflé, l'arme au poignet.

D'un mouvement rapide, Anton se retourna et le mit aussitôt en joue :
- Vous faites un pas de plus sans me dire qui vous êtes et vous êtes un homme mort."
- Je savais que j'allais vous trouver ici, on m'a dit en ville que vous aimiez contempler l'île depuis ce lieu. Je me présente, je me nomme Henry Valdois. J'étais un ami de votre frère qui m'a demandé de vous remettre cette lettre...

Anton prit la lettre et la lue.
" Mon cher frère,
Je n'ai pas pour habitude de prendre la plume et encore moins pour m'adresser à toi. Je t'informe que jeudi prochain je vais enfin mettre un terme au drame où
tu as conduit ta famille. Tu souhaites que je te rafraichisse la mémoire ?
Il y a 10 ans de cela, notre père avait eu de gros soucis d'argent et il avait du emprunter une forte somme à un puissant marchand vénitien. Cela aurait pu bien se passer mais tu as tout gâché. Notre père voulait te fournir la meilleure instruction du royaume afin que tu puisses paraître à la cour du roi. Les curés ont demandé beaucoup d'argent pour t'enseigner leur savoir alors que moi, je n'avais rien, tu étais l'aîné donc forcément, y'en avait que pour toi. Tu as même eu un entraînement militaire pour pouvoir servir dans l'armée de notre bon roi.
Par ta faute, notre père n'a pas pu rembourser sa dette alors les Vénitiens sont venus. Notre père a du leur donner quelques terres familiales mais aussi renoncer à sa charge d'intendant en leur faveur. Mais ça ne suffisait pas, le temps passait et ils devenaient de plus en plus exigeants. Tu avais alors 20 ans, tu étais beau dans ton riche uniforme, tu étais à l'aise à la cour et tu n'as rien fait. Ils sont venus dans notre manoir et ils ont frappé notre père. Et ils l'ont tué ! Sous mes yeux !!!
Ils m'ont blessé au bras et j'en ai perdu l'usage de la main gauche. Tu le sais tout ça mais j'ai envie que tu t'en souviennes, que tu en souffres comme moi j'ai souffert.
Tu es revenu alors et tu as voulu jouer au héros. Pour eux, l'histoire était finie mais il a fallu que tu réclames vengeance. Tu as provoqué en duel un de leurs plus proches amis, un baron ! Et tu l'as tué. Le roi voulait calmer la noblesse en interdisant les duels et toi, tu lances un défi et tu as du sang sur les doigts. Tu as provoqué la honte de notre famille. Mais le roi t'aimait bien et il t'a protégé. Tu n'avais qu'à te faire oublier pendant que nous, nous subissions les moqueries des autres. Tu as pris le premier bâteau en partance pour les Antilles et tu as réussi là-bas. Tu as tout renié. Tout !
Les Vénitiens se sont vengés il y a peu. Ils ont détruit ce qu'il nous restait. Ils ont enlevé notre soeur et notre mère s'est suicidée de désespoir. Je vais aller la chercher, je vais régler cette histoire."

Les yeux d'Anton le brûlaient. Ainsi, son terrible passé revenait dans cette lettre assassine. Anton regardait le coursier :
- Cette lettre a été écrite il y a longtemps ?
- Plus de quatre mois. Votre frère a été tué dans le combat et le corps de votre soeur a été retrouvé peu de temps après. Il m'a cependant chargé d'une dernière mission...
L'homme n'eu pas le temps de dégainer que déjà Anton tira d'un geste rapide et le toucha au front. L'homme s'écroula.
- Henry Valdois, mon frère t'avait chargé de me tuer. Il me détestait et me jugeait coupable de ses propres échecs. C'est lui qui a déclenché le courroux des Vénitiens en les volant. Tu es la dernière victime de sa folie. Je vais maintenant faire ce que j'aurais du faire depuis longtemps...

Anton prit le long manteau noir du coursier et l'enfila. Il rabatti la capuche sur son visage, régla la ceinture de son épée, vérifia la poudre contenue dans son pistolet.
- Le crime a détruit tout ce que j'avais. Je refuse qu'il en fasse souffrir d'autres.
Assassins, criminels de toutes sortes, vous n'allez voir que mon ombre avant de mourir. Anton prit dans sa poche son équipement de soins et s'appréta à le lâcher. Puis il se ravisa :
- Les blessures peuvent être morales ou physiques. Je me dois de continuer à soigner les innocents.
Une ombre recula à cet instant et Anton vit un de ces nombreux chasseurs de trésor du phare.
- Allez petite commère, va donc raconter à tout le monde à la taverne ce que tu as entendu. Je n'ai rien à cacher.


Dernière édition par le Ven 2 Fév - 18:32, édité 1 fois
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Anton

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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:26

Phare sans maquillage


Tout semblait allait pour le mieux quand un rire cruel se fit entendre dans le phare, suivi de cris de douleurs. Des pirates étaient en train de massacrer de jeunes Français présents. L'une de ces crapules disait à qui voulait l'entendre qu'ils venaient en paix et ne faisaient que de se venger. Ils cherchaient juste des raisons à leurs meurtres.
L'Ombre était là et avait tout entendu. Anton descendit les escaliers quatre à quatre mais déjà le bilan s'annonçait lourd. Une pièce était couverte de sang. ça et là, de jeunes Français gisaient, agonisant. Il s'arrêta pour leur prodiguer quelques soins mais leur issue était déjà fatale.
"Vous allez payer pour cela, monstres !"
Les assassins se cachaient. Ils avaient même fait venir du renfort.

L'un d'eux n'était autre que ce prêtre défroqué, ayant renié sa religion et sa patrie.
"Toi, tu vas payer pour les autres..."
Anton s'en approcha mais déjà d'autres complices lui barraient la route :
brigands et aventuriers l'attaquèrent et périrent sous ses coups. La fatigue le gagnait, il mit l'imposteur en joue et tira. La balle fit mouche et le criminel en puissance cria de douleur. Anton s'assit et le regarda se débattre. Un Hollandais arriva alors et acheva le pirate.
"Et de un ! Bon, la zone semble être sûre, dormons un peu"
Déjà, une silhouette l'observait, tapie dans l'obscurité. Lord Hawk, un des plus dangereux pirates de l'île, assassin réputé. Il s'approcha d'Anton endormi et le frappa à maintes reprises, profitant de son sommeil. Visiblement dérangé, il le laissa pour mort. Anton se réveilla avec les côtes en feu. Le pirate n'y était pas allé de main morte. Il griffonna une rapide missive pour prévenir la puissante Confrérie du Lys du danger présent dans le phare et appela des renforts. Chaque guerrier français présent répondit à l'appel. C'était l'heure de la battue.

Anton était dans la cave et cherchait une planque pour dénicher ces bandits. D'autres baroudeurs et des momies ralentirent considérablement sa route. La fatigue était telle qu'il se reposa un moment contre une vieille commode et sans le vouloir, il s'endormit. Un bruit suspect le réveilla, il n'eu que le temps de voir une lame ensanglantée venir vers lui avant de dégainer et de tirer. Hélas, le réveil était difficile et la balle heurta le mur. L'individu s'approcha et son rictus révéla à Anton à qui il avait affaire :
Drake, un voleur patenté ayant échoué chez les pirates suite à ses nombreux larcins. Drake frappait sans relâche, espérant triompher grâce à l'effet de surprise. Chaque coup qu'il donnait affaiblissait l'Ombre mais les répliques étaient dévastatrices. Drake sentait bien qu'il risquait de succomber. Il jeta une rose noire au sol avant de reculer puis de faire feu. Deux balles firent mouche. Anton recula, tituba, essayait tant bien que mal d'arrêter l'hémoragie mais déjà, un voile s'abattit sur son regard tandis que son bourreau quittait le combat.
"Vous ne connaitrez plus la paix, miséraaables traîtr...."
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Anton

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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:26

Albion la Perfide


L'épisode du phare a été un coup dur pour Anton. Il se souvient encore d'une nouvelle attaque de Drake, heureusement inefficace, qui envoya son agresseur à terre, il se souvient encore de l'arrivée de deux combattants Anglais qui prêtèrent main forte aux forbans, il se souvient encore de ce même peuple britannique qui se gaussait de ces massacres.
Mais les choses n'en restèrent pas là. Ce même peuple anglais lança les hostilités en prenant les trois tours de l'île, se cachant derrière la guilde de la Main Noire pour accomplir leur forfait sur l'Espagne. Cette action mis le feu aux poudres et déjà la France se préparait à récupérer son dû et une compensation : Lonely Keeper et les caisses de New Kingston. Alors que les combats faisaient rage, les Anglais du phare grossissaient les rangs des pirates et ceux qui n'avaient pas encore renié leur nation se moquaient ouvertement de leurs soi-disant alliés Espagnols. Pauvres Espagnols... Un peuple qui jadis était si fier était devenu la risée de l'île : allié aux pires traîtres de Liberty, ils étaient constamment harcelés par le pavillon noir, protégé de la couronne britannique. Ils étaient constamment trahi mais rien n'ébranlait leur naïveté désespérante, sauf quelques Espagnols qui demandaient des comptes, n'avalant plus ces couleuvres.
La diplomatie était inefficace, des ordres de mobilisation ornaient les rues de Port-Louis. Anton savait qu'il allait devoir à nouveau verser le sang. L'occasion arriva vite. Nécessitant un nouvel équipement, Anton possédait une très grosse somme d'argent sur lui et cela attira les convoitises. Un Anglais, caché de façon malhabile dans la zone neutre de la Corniche du Poulpe, enfilait déjà ses gants de pick-pocket pour gagner de l'argent facile. Hélas pour lui, deux coups d'épée suffirent à lui ôter toute envie d'agir. Ce voleur impudent commis cependant l'audace de sortir de l'hôpital pour attaquer par-derrière Anton. C'est sur son lit d'hôpital, apporté par une belle infirmière, qu'il appris la nouvelle : les Anglais avaient pillé Port-Louis et commis des meurtres gratuits sur des Français et des Hollandais.
Un de ses compagnons de chambre eu des mots très durs :
"Alors, tu soignes toujours ces fichus rosbeefs ? J'crois bien que là, ils te l'ont mis profond ! Arf arf ! Hein toubib ? Pas trop mal à tes fesses ? Arf arf a... !"
Un flingue posé contre sa bouche le fit taire aussi vite :
"Je vais t'apprendre la politesse à coup de plomb dans ta sale petite gueule de
rat. Ce n'est pas un crétin de ton espèce, ne respectant personne, qui me fera la leçon. Je n'ai qu'à appuyer une fois pour retapisser le mur et crois-moi, personne ne le regrettera."
"Hmmgnn. 'e 'ois 'ue 'u 'ommets une 'reur..." Anton retire l'arme. "Je crois que tu commets une erreur. Laisse moi tranquille, je te dirais plus rien"
"C'est ce que tu crois..." Anton tira à six reprises sur l'homme... qui devint blanc. "Tu crois quand même pas que j'allais dépenser mes balles sur un rat de ton espèce. Il n'était pas chargé. Par contre, je crois que tu viens de salir les draps... A ton âge, c'est pas sérieux."

Alors qu'Anton quittait l'hôpital, les paroles de cet individu résonnait encore dans sa tête. Et soudain, il comprit. Les Anglais de Liberty n'étaient en rien de simples et tranquilles colons mais des bandits de toutes sortes reniés par leur nation. Voilà pourquoi ils s'accoquinent tant avec les pirates et commettent vols, rapines, meurtres! Anton ne supportait pas la trahison : ceux qu'il avait soigné jadis n'étaient finalement que des lâches, des traîtres et des misérables, ils devront payer pour leurs nombreux crimes.

Le temps de la paix est définitivement enterré sous les caisses de New Kingston...
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:27

Guerre et trahison


Roulement de tambours...
Un crieur public annonça la nouvelle :
"Oyez, oyez ! La piraterie anglaise nous a que trop défié ! Tous les hommes valides doivent servir sous les drapeaux de notre bon roi. Les guerriers hollandais se joindront à nos forces qui terrasseront définitivement la vermine anglaise et ses coquins d'alliés !"

Anton souriait, il savait que le glas de la Perfide Albion venait de sonner.
"Forgeron ! Occupe toi de ma lame, du sang anglais doit couler ! Eh petit ! Prend cette bourse d'or et ramène moi des bandages, ils risquent d'être utiles ! Et ramène moi aussi un bon stock de balles !"

New Kingston... Bel objectif. Une ville entièrement construite grâce à l'argent de victimes innocentes, de pillages, de rapines. Une ville pleine de vices où riche comme pauvre, chacun n'était pas à l'abri d'un voleur dissimulé dans un coupe-gorge.
Anton croisa sur sa route des civils qui fuyaient.
- Vous venez d'où ?
- Faites demi-tour ! C'est les pirates ! Ils ont attaqué Lonely Keeper que nous avions prise aux Anglais ! Y'a beaucoup de morts !

Les pirates ! Encore et toujours eux !

"You ! Stop here !"

Un Anglais tenait Anton en joue. Il ne savait pas qu'il allait mourir. Anton s'élança, la balle siffla à ses côtés, son épée plongea directement dans le ventre du garde anglais. Une gerbe de sang gicla de sa bouche, il était déjà mort.
Nouveau coup de feu. Un pirate cette fois ! Anton bouillonnait de rage. Il tira sur son agresseur et le blessa. L'assaut était inévitable. Le pirate ne fit pas le poids face à cette fureur meurtière. Il gisait au sol et Anton essuyait ses plaies.
"Merde ! Il m'a pas raté ! Je ne tiendrais pas longtemps sans soin... Je n'ai
plus la force de..."

- You ! I'll see you in hell !
- Chien d'Anglais ! Crève !
PAN ! PAN ! PAN !

Un voile noir, un visage épuisé :
- Vous avez eu de la chance que nos brancardiers vous aient trouvé. Il vous a pas raté cet Anglais.
- Mes affaires ! La tour ! Il faut agir !
- Chuuut, reposez-vous, vous êtes épuisé.

Le lendemain, Anton se réveilla dans un camp de fortune à la tour Louis le Grand. Malgré les recommandations de l'infirmière, il quitta ces lieux pour rejoindre Lonely Keeper. La jungle était déserte, les oiseaux se taisaient, les insectes semblaient avoir disparu. Rien. Un Français était allongé au sol. Anton s'en approcha et le rassura. Un simple bandage lui permis de repartir d'un bon pied.

Encore des cris ! Une main invisible... Un nouveau voile noir... Anton
n'eut que le temps de voir un drapeau noir.
"On dirait que je vous ai manquée pour revenir aussi vite dans cet hôpital ?"

Le retour à la réalité fut dur. Les Espagnols étaient véritablement entré en guerre, la France se réveillait avec une solide gueule de bois car les Anglais avaient réussi à prendre des drapeaux français et que les morts s'entassaient dans de rapides fosses communes.

Anton croisa un Espagnol et avant même qu'il eut le temps de faire feu, une balle lui explosa la tête.
"Désolé, la guerre est ainsi faite..."
Anton déposa des branchages sur l'homme pour éviter que les nécrophages le dévorent et que les Espagnols lui offrent une digne sépulture. Il s'avançait et apprit que les pirates avaient réussi à prendre Louis le Grand. Des nouvelles plus réjouissantes arrivèrent le lendemain : la France avait de nouveau récupéré ses deux tours.Un bruit attira son attention. Un Espagnol l'avait repéré. Deux balles eurent raison de lui. New Kingston n'était pas loin. Un enfant en larme errait au bord d'un chemin.
- Eh petit ! Que t'arrive-t'il ?
L'enfant recula, visiblement paniqué.
- My mother ! Son of bitch ! I hate Froggies !
- Chuuut, calme-toi ! Je ne m'attaquerais pas à un enfant. Tu comprends le Français ?
- Oui, mon papa était Français. Il est mort sur le continent. Snifff. Ma maman, vous l'avez tuée !
- Comment ça ?
- Les autres Français ! L'un d'eux a jeté un flambeau dans l'auberge où elle travaillait et elle est morte en hurlant mon nom ! Sniiff ! Je vous déteste !
- Ecoute, ta maman est morte à cause d'une vilaine guerre. Elle n'aurait pas voulu te voir dans cet état. Ne reste pas aux bords de cette route, on ne sait jamais. Prend ces quelques pièces d'or et suis-moi !
L'enfant se leva, visiblement peu rassuré.
- Tu vois cette ferme ? Tu vas y aller et tu vas demander aux personnes qui s'y trouvent de te conduire dans le palais de ton gouverneur. Tu seras ainsi protégé si la ville se fait attaquer. Je ne t'accompagne pas car si ils te voient avec un Français, ils te tueront. Petit... Sois fort ! Ta maman te regarde.

Et Anton partit... Cet enfant ne méritait pas de souffrir pour cette guerre. Anton en venait à se demander si son combat n'était pas vain. Un homme du Lys lui barra alors la route !

"Je te cherchais ! Une terrible nouvelle ! Sanca nous a trahi ! Il a piqué la caisse, les objets ! Il va certainement rejoindre les pirates !"

Non... Pas Sanca... Un ami fidèle. Un agréable compagnon. Pas lui...

Dès le lendemain, Sanca était un hors-la-loi. Des gens disaient qu'il avait changé de nom pour rejoindre les pirates. Anton ne pouvait se résoudre à combattre un frère d'armes.Et c'est là qu'il le vit. Sanca était assis, en train de réfléchir. Anton lui envoya un perroquet et fit aussitôt demi-tour. Il n'était pas prêt pour l'affronter et espérait au plus profond de son âme qu'il n'aura jamais à le faire.

La piraterie avait tout gâché. Elle recrutait dans les rangs mêmes de ses amis, elle provoquait guerre, massacres, conflits... Trop de sang, beaucoup trop de sang...
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:27

Candidature


La fin des guerres ouvrait les pages d'un nouveau livre. Chaque combattant posa les armes et eu besoin de se ressourcer. Anton était de ceux-là mais il ne comptait pas mettre cette période de calme pour se reposer. Ses ambitions étaient toutes autres. Il prit sa plus belle plume et commença à écrire. Une fois son ouvrage terminé, il alla voir l'imprimeur de Port-Louis et contre un sac de piécettes, ce dernier se mit à l'oeuvre. Dès le lendemain, on pouvait lire ceci sur les murs de la ville :

"Françaises, Français,

La vague des guerres s'achèvent et alors que les plaies se referment, que la terre recouvrent nos morts, il est déjà temps de songer à la reconstruction.
Je me présente aux prochaines élections afin d'y contribuer. Des esprits chagrins se moqueront sur cette candidature qui arrive bien vite mais je ne leur répondrais qu'une seule chose : si nous voulons agir durablement et efficacement, il est nécessaire de s'être préparé en amont. Et plutôt que d'avoir une réflexion brève en pleine campagne électorale, autant profiter de cette période de calme pour songer à notre futur.
Ce futur ne peut pas se construire sans vous ni sans général de confiance et ministre du commerce efficace. J'espère que ma candidature donnera envie à des Français loyaux de se présenter pour travailler avec moi.

Mon programme sera simple et on peut le faire tenir en une ligne :
Le peuple français a besoin de vivre pleinement, sans se soucier d'un pillage ni d'une guerre proche. Il doit vivre, prospérer, devenir plus fort !

J'agirais donc selon de grands axes :

I- Vie et civilité
Le tribunal de Port-Louis continuera si un juge se propose. C'est un modèle sur Liberty d'efficacité et de justice.
Des négociations seront entreprises avec la GRML afin d'établir un véritable hôpital dans notre belle ville de Port-Louis, cela afin d'aider nos citoyens mais aussi les étrangers de passage.
Liberté de tous en respect des lois : UnFrançais est libre. S'il souhaite explorer la partie nord de l'île sans autorisation, il s'expose à des dangers sur lequel notre jurisprudence n'a aucun droit. En revanche, si un étranger l'attaque sur nos terres, ce dernier sera interdit de séjour et tué à vue.
Les Français ne respectant pas les lois seront bannis. Ils pourront cependant se réhabiliter en servant leur pays (instauration de travaux d'intérêts généraux).
La France offrira aussi l'asile politique à ceux qui ont été banni de leurs terres pour sanctionner leur liberté de pensée.

II- Le commerce
Le ministre du commerce aura son rôle développé. Il profitera de son immunité diplomatique pour rencontrer les autres nations et servir ainsi d'ambassadeur.
Il continuera de même l'oeuvre de ses prédecesseurs.

III- L'armée et les frontières
Des frontières seront dessinées, cela afin d'éviter des malentendus avec les autres nations. Nous constituerons ainsi un territoire stable et dans le respect de tous.
Le général, si la situation internationale le permet, exercera un mandat de paix.

Cette paix sera profitable pour organiser d'une part une défense efficace de la ville, et d'autre part, pour continuer à s'appuyer sur une troupe de guerriers d'élite, qui se sont déjà distingués par leur efficacité. Les hommes qui sortiront du lot auront un monument en place publique.
En cas de guerre, le général assumera la lourde tâche de gérer notre armée. Nous ferons tout pour que cette situation ne se produise pas.

IV- L'international
La France est un pays fort, avec une armée redoutée. Sa civilisation rayonne sur l'île et elle a déjà donné l'exemple sur de nombreux points : justice, liberté, commerce, alliance.
Forte de son expérience, elle pourra donc continuer en ce sens. Le pacte franco-hollandais sera renforcé avec la création d'échanges commerciaux fréquents et des opérations de sécurité conjointes.
La priorité sera de lutter contre la vermine qui infeste l'île et pour cela, il faudra s'en donner les moyens, quitte à opter pour de nouvelles alliances ! La Main Noire sera la cible prioritaire à abattre et une action commune avec les autres nations sera envisagée.

V- La culture

J'inviterais les autres dirigeants de toutes les nations à réfléchir pour organiser les premiers Jeux de Liberty. Cette manifestation sportive permettra d'apaiser les tensions et de divertir la population.

Je reste à votre disposition pour toutes questions et j'invite ceux qui s'en sentent capables de s'inscrire dans ce programme et de postuler en tant que ministre du commerce et général."

Ceci étant fait, il était temps de s'occuper de la première étape de ce programme et pour cela, il devait aller au coeur même du repaire de la Main Noire : New Kingston !

L'autorisation ne fut guère difficile à obtenir et voilà qu'Anton découvrit enfin cette ville en période de paix. La route fut assez calme, si ce n'est une pirate qui n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'un rond rouge se dessina sur son front et qu'elle s'écroula, raide morte.

Il fut assez étonné de l'accueil, les habitants ne se montrèrent pas hostiles, un léger sentiment de crainte les gagnait mais ils ne le montraient guère.

- Hep monsieur !
Anton se retourna et vit l'enfant qu'il avait sauvé durant la guerre...
- Salut petit, j'aurais pensé qu'ils t'auraient envoyé sur le continent...
- Oh non, y'a plein de choses à faire dans le palais du gouverneur pour un ptit mec comme moi ! On mange bien en plus !
- Tant mieux petit... Dis-moi, t'as entendu parler de la Main Noire ?
- ... Euh... Ben... C'est à dire que... Faut pas trop en parler ici... Je dois partir... Je sais juste une chose, on recherche des gens comme vous en ville pour aider.
- Merci petit, je vais aller voir ça.

Anton laissa l'enfant détaller à toute vitesse et alla là où les rumeurs naissaient : la taverne. Un vieil ivrogne fut d'un précieux secours, il suffisait de lui remplir son verre pour qu'il vide son sac.
- Ah ça mister, moi j'vous dit d'aller y voir dans le palais, y'a toujours a job pour des gars comme toi. I think... Hips ! J'ai fait la guerre en France moi m'sieur, j'en ai buté des comme toi, arf arf !
- C'est cela... Azincourt je présume ?
- Yes mister, comment tu sais ?
- Une intuition...

Anton laissa là l'ivrogne et ses délires et se mit en route. Des individus louches lui confièrent des missions peu recommandables, spécialement adaptées pour un tireur de son niveau... et idéales pour connaître la pègre locale. Des officiels lui confièrent d'autres tâches plus politiquement correctes, ceci afin de pénétrer les cercles fermés de la bourgeoisie anglaise. Mais jamais il n'obtint des renseignements sur la Main Noire.

- Psst, c'est toi qui veut te rencarder sur la Main Noire ?
L'individu paraissait louche. Anton était prêt à l'abattre.
- Oui, c'est moi. T'as des tuyaux ?
- Ouaip mon ptit père mais faut cracher l'oseille.
- Dis toujours et on verra si tu mérites un salaire ou de garder ta tête.
- Eho, doucement, j'te préviens juste que tu risques de crever si tu continues à vouloir fouiller dans nos poubelles. J'te donne pas un avant-goût, j'ai pas envie de bousiller ta petite gueule d'ange.
- Plutôt parce que tu as peur de mourir...
- 'Spèce de...

L'homme sauta sur Anton, essayant de le frapper au visage. Anton arrêta son coup et lui plia le bras. L'homme criait de douleur.
- Ecoute moi bien, je ne vais pas me répeter. Je pourrais te tuer mais tu m'as tout l'air du pauvre type qui vit de rapines et qui a juste accepté de faire passer le message, alors je vais te laisser en vie. Dès que je vais te lâcher, tu vas aller courir jusqu'au type qui t'a engagé et tu lui dis que l'Ombre est sur lui. OK ?
- Oui... oui... Mais lâchez-moi, ça fait mal.
- Oui qui ?
- Oui m'sieur ! Je, lâchez-moi... j'ai mal.

Anton le lâcha aussitôt et avant même que l'homme se redressa, il lui lança un violent coup de genou dans l'estomac, lui coupant net la respiration.
" Tu as bien compris le message, OK ?"

Anton le laissa alors partir et une fois qu'il disparu de sa vision, il se mit sur ses traces. L'homme prit une ruelle à droite, Anton le suivit et tomba net contre un mur... Une impasse !

La Main Noire savait se cacher et personne ne saurait le renseigner. Anton quitta donc la ville, désirant mener à bien ses missions et pourquoi pas en savoir plus...
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:28

Missions


Les premières missions étaient assez simples et Anton les réussit avec brio. Sa présence dans la région de New Kingston ne passa inaperçue puisque qu'un bandit vint vers lui et lui demanda :
- Eh toi, j'ai vu que t'étais doué avec une arme, tu voudrais pas nous filer un petit coup de main ?
- Je t'écoute...
- J'ai un ami qui a eu quelques soucis avec les gardes, rien de bien méchant, mais faudrait aller lui rendre une petite visite.
- Et il se trouve où ?
- C'est la partie délicate... Il est en prison... Mais, attends, y'a une entrée secrète, un tunnel !
- Combien ?
- On va pas parler argent entre amis, hein ? J'te donnerais quelques piécettes et puis surtout, tu seras des nôtres. Tu verras, on est une bonne équipe.

Anton reconnu alors le signe des pirates. Il devait réussir cette mission pour pouvoir les infiltrer. Mais quelque chose n'allait pas. Pourquoi les Anglais enfermaient ils un pirate ? Leur alliance était pourtant solide...

La réponse arriva rapidement, tout le monde en ville ne parlait que de ça. Le général Hopkins avait cassé le pacte et sans attendre le feu vert de son gouverneur.

Certains parlaient de trahison, d'autres d'acte de bravoure mais quoi qu'il en était, les esprits étaient soulagés d'avoir enfin tiré un trait sur l'alliance avec la piraterie.

"C'est donc ça...

Les pirates se sentent seuls et ils essayent de se faire de nouveaux amis. On va leur donner ce qu'ils veulent."

Anton prit alors ce passage secret et se trouva alors dans la prison de New Kingston. Les discussions animées entre les gardes lui avaient permis de se faufiler sans souci en ces murs.
Il entendit alors deux gardes et la conversation était bruyante :
- Mon frère qui bosse au palais m'a raconté que ça chauffe au gouvernement !
- L'affaire Hopkins ?
- Ouaip, il a bien fait de tout balancer, un général comme ça, on en fera pas d'autres !
- Arrête ton char ! Notre gouverneur est restée fidèle à notre nation, ELLE !
- Pfff, tu parles, elle fait le larbin des Tortillas !
- Elle essaye pas de nous trahir au moins...
- Ah ah ! C'était pourtant bien toi qui te réjouissais d'avoir les pirates dans notre camp ! Tu te défiles quand tu sens le vent tourné ?
- Ferme la ! J'ai le droit de me tromper !
La présence d'un autre garde obligea Anton à cesser d'écouter cette conversation. Il savait que cette affaire risquait de faire encore couler beaucoup de sang.

" Qui va là ???"
Un soldat de la garde avait repéré Anton. Nulle part pour s'échapper, il allait devoir l'affronter. Il fonça sur le garde l'épée en avant, ce dernier évita la lame mais ne vit pas la crosse du pistolet s'abattre sur sa nuque. Il était au sol, assommé.
"Désolé pour le coup mais je n'allais pas te laisser appelé tes petits copains. Tu te réveilleras avec un bon mal de tête."

Le prisonnier n'était pas loin et livra à Anton de précieuses informations pour ses complices.
- Eh ! T'oublies pas de leur dire que j'ai le gardien de ma cellule, le gros barbu, de notre côté ! Dès demain, il ouvrira ma cage et les autres pourront venir me cueillir.
- Je n'y manquerais pas. A demain alors...

Anton ne souhaitait pas du tout que cette fripouille retrouve la liberté. Il chercha le gros gardien barbu afin de faire capoter le plan des pirates. Il le vit alors. Un gros barbu rouquin, respirant le gras et la corruption.
Anton s'approcha de derrière lui et le plaqua contre un mur. Avant même qu'il se retourne, il reçu des coups de crosse au visage puis fut jeté dans les escaliers, il gisait au sol, KO.

Anton arma son pistolet et fit feu dans la jambe gauche du gardien.
"Je crois que demain tu ne seras pas en état pour aller travailler... Va falloir te remplacer. Dommage pour votre plan."

Anton quitta alors la prison avant que l'alerte ne soit donnée suite à son coup de feu. Le reste de la mission fut aisée. Il donna les informations à l'autre pirate et obtint en retour le nom des chefs de cette bande. Il prit congé, riant intérieurement sur la mauvaise surprise qui les attendra demain.

De là, Anton se mit en route pour Esperanza, et malgré un voleur anglais qui eut l'idée de lui faire les poches, le voyage fut sans encombres. Ce vol le confortait dans son programme politique : tolérance 0 pour les voleurs, interdiction de séjour sur le territoire français.
Arrivé à Esperanza, bien vite quelques citoyens demandèrent ses services. Un manoir hanté était source de préoccupation dans la région et il fallait aller le nettoyer.

Quelle surprise en y arrivant : il était bien hanté... par des Espagnols
et des Anglais. Un peuple dans les couloirs ! Les rares momies ne s'aventuraient guère et la tache allait être difficile à accomplir, les couloirs étaient encombrés.
Anton pestait intérieurement : "Pfff, vu le ramassis de jeunots, je doute que le manoir soit si terrible que ça. Encore une histoire déformée par une ppopulation trop crédule. Bon, on va fouiller les lieux et vite rentré."
Il vit alors un jeune Espagnol coincé par une momie.
- Baisse toi gamin !
BAM ! BAM ! BAM ! BAM !
En quatre balles, la momie n'était plus...
- La prochaine fois gamin, tu évites de t'approcher trop près de ces bestioles, OK ?
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Posté le 17/10/2006 à 15:22:38

Deux couronnes


Les élections ne furent pas une surprise pour Anton. Il se fit élire haut la main et déjà les habitués de la critique se faisaient entendre. Ces individus ne l'intéressaient pas, ils regardaient trop leur nombril pour avoir une quelconque influence.
Dès le début de sa gouvernance, la situation explosa : l'Espagne venait d'attaquer la France en prenant l'avant-poste Louis le Grand. La sanction allait être sans appel. La France se mobilisa pour punir ce peuple qui, au lieu d'attaquer les pires brigands de l'île, osaient toucher aux intérêts d'une nation civilisée.
Les combats firent rage très vite. Anton réussit à pénétrer Esperanza en vainqueur et monta sur le trône du gouverneur. Il ne restait plus qu'à mater la résistance... Pourtant, il était frustré... Frustré de ne pas pouvoir mettre en place son programme, frustré d'être sur les champs de bataille alors que la France avait besoin de se moderniser. Frustré de remettre en question toute l'amitié qu'il portait au peuple espagnol.
"Il m'a fallu plusieurs mois pour gagner leur confiance et en un mandat, je suis devenu leur ennemi, leur cible à abattre."
Il savait pourtant au fond de lui qu'en faisant le choix de servir à nouveau la France, il mettait de côté ses sentiments personnels et son bien-être.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:28

Doute


Le bilan du mandat était parfait mais pourtant, il ne convenait pas à Anton.
Tout ce qu'il aurait souhaité mettre en place avait été aussitôt réduit à néant par les tensions internationales et la gangrène qui rongeait le coeur même de Port-Louis : les parasites qui s'engraissaient sur le dos de la ville et qui se contentaient de semer la discorde.
Il avait pourtant monté un groupe capable de rivaliser avec la piraterie, il venait avant de quitter les affaires de divulger certains secrets de la Main Noire, il avait réussi à regagner la confiance de l'Espagne et de réduire à néant une tentative de pillage d'un groupuscule anglais. Mais cela ne lui suffisait pas.

Las de cela, il décida de se retirer loin de cette agitation. Il connaissait certains lieux idéals pour s'entraîner et s'enrichir facilement afin de renouveler son équipement obsolète... mais aussi parfait pour surveiller des traîtres potentiels.

Les nouvelles de la civilisation lui arrivèrent pourtant : la Main Noire venait encore une fois de trahir l'Espagne en la pillant, l'Angleterre s'enfermait dans sa dignité mais ce coup-ci, la jeune génération espagnole souhaitait laver ce nouvel affront. Le groupe anti-pirate, de son côté, réussissait son entreprise. La France venait de connaître un mois de prospérité, il étant temps de se consacrer un peu à soi.

Anton savait au fond de lui que ce mois allait être difficile : renoncer aux responsabilités, quitter sa ville, s'isoler, n'allait pas être chose aisée. Mais il fallait bien qu'il tire un trait sur certaines histoires qui hantaient son passé. Il prit alors sa plume et écrivit :

"Si vous lisez ceci, c'est soit parce que vous êtes un voleur, soit que je suis mort.
J'ai enfin compris notre présence sur cette île : nos nations nous ont abandonné à notre sort et nous sommes tous là pour expier nos fautes. Chacun d'entre nous est venu ici soit par dépit, soit par abandon, soit par soif de richesse. Cette île est en quelque sorte un purgatoire terrestre. Ne croyez point que je sois devenu religieux en disant cela mais cette île regorge de dangers que nous ne connaissons pas sur le continent. Un jour viendra où nous serons définitivement livrés à nous-mêmes et à nos conflits. Un jour viendra où le chaos nous submergera tous.
Le roi ne m'a pas fait une fleur en m'offrant ce voyage mais il comptait bien que je sombre dans l'oubli ici-même. Mes ennemis connaissent ma présence et auront les mains libres pour me réduire définitivement au silence.
Je..."

Anton relisait cette lettre et la trouvait trop décousue pour l'achever. Il la jeta alors et s'en alla.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:28

Départ


Anton dormait quand un perroquet vint le réveiller. Il tenait en son bec une missive.

Il l'a lue et vit que la France avait besoin de lui pour une mission délicate. Il tenait cette lettre et d'un coup sec la déchira. Cet acte était lourd de sens pour lui, il venait de renoncer à servir sa nation et comptait rejoindre un navire pour l'Europe, bien décidé à renouer avec son passé.
Il prit une feuille et écrivit le message suivant avant de le remettre au perroquet, qui visiblement attendait d'avoir du papier dans le bec pour se remettre en route :

"France, tu étais une nation que j'aimais et pour laquelle je me suis entièrement dévoué. Trois mandats de gouverneur, une participation à la plupart des actions collectives et en retour seulement le mépris et l'ingratitude. J'ai rencontré en ton sein des amis, mes confrères du Lys déjà, dont Lone qui me manque déjà, et un groupe de guerriers aussi doués que sympathiques, où grâce à eux, la France triompha de ses adversaires. Mais à part ça ? Des critiques, des insultes, des crachats, des accusations à tort, des acharnements, de la violence verbale, des menaces !
Est-ce donc ainsi que tu récompenses tes enfants ? J'ai reçu plus d'estime de mes ennemis que de mes propres compatriotes, est-ce normal ?
Ma décision est donc prise, je vais agir pour moi et uniquement pour moi, je t'oublie France et renie ce que tu es devenue. Je resterais fidèle cependant, par respect pour ceux que j'estime réellement mais mon engagement s'arrêtera à cette fidélité.
Au revoir France..."

Anton fit envoler le perroquet et prit ses affaires pour partir loin de là.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:29

L'exil


Cet exil volontaire était difficile. Anton se tenait régulièrement informé des nouvelles de l'île et espérait retourner au coeur de la civilisation. Mais déjà, les souvenirs le rappelaient à la réalité et il se renfermait sur lui-même.
Il continuait à aider son prochain en soignant, mais il était de plus en plus blasé de ses contemporains. Ici un voleur, là un assassin, ailleurs un menteur, autre part un traître. Anton avait réuni une jolie somme pour s'acheter de nouveaux bandages destinés aux blessés ainsi que pour l'achat d'un nouveau pistolet. Hélas, c'était sans compter la rapicité humaine... Un voleur habile et les bandages s'envolaient en fumée. Il ne restait plus que la somme nécessaire au pistolet.

Le coeur d'Anton se durcissait. Il était de plus en plus conscient de la nature des gens de cette île. Il se rappelait cette lettre, trop décousue pour être achevée... "Nous sommes là pour expier et sombrer dans l'oubli. Les momies et autres morts-vivants ne sont peut-être que d'anciens colons comme nous. Nous les rejoindrons un jour."

Le coeur d'Anton était devenu dur. Un vieil avis de recherche jauni par le soleil attira son attention. Anton se remit à sourire, déchira l'affiche et s'en alla.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:29

La traversée du désert


Anton marchait dans des couloirs humides et poussiéreux. Il avait besoin d'établir un campement pour la nuit et vit un homme au loin. Son visage lui était familier, il se rappela alors de cet avis de recherche : c'était bien lui !
La fatigue le gagnait déjà. Silencieusement, il s'approcha et laissa une rose blanche près de l'homme et alla se coucher.
Une nuit allait décider si cet individu recherché allait vivre ou mourir. Anton regardait la prime sur l'annonce et songeait à son destin.

Vivre ou mourir ?

Anton ne savait plus s'il allait profiter de la confiance de cet homme et le tuer froidement ou continuer son chemin, tranquillement.

"La nuit porte conseil..."

Il s'endormit alors, le destin décidera à sa place.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:30

Réveil


Ce proverbe s'avérait exact. Au petit matin, Anton ne souhaitait plus du tout abattre cet homme, conscient des conséquences de cet acte.
Cela n'était pas arrivé depuis longtemps mais il était soulagé.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:30

Le contrebandier


L'absence d'activités ne réussissait pas à Anton. Se retrouver seul avec lui-même l'obligeait à faire une longue remise en question. Il ne savait même plus pourquoi il avait tant servi la France : aimait-il réellement son pays ou était-ce juste parce qu'il était né Français ? En naissant en Angleterre, aurait-il agi de la même façon ? Et en Espagne ?
Les idées se bousculaient dans sa tête. Il ne savait plus vraiment qui il était. Anton, l'ancien gouverneur ? Anton, l'ennemi des Vénitiens ? Anton, le protégé de la Cour ? Anton, le banni ? Tant de qualificatifs mais autant de différences !

Anton ne voulait plus sombrer dans ses pensées. Il combattait sans relâche des créatures maléfiques, s'entraînant au combat et mettant ses talents de soin au profit de tous.

"Pssst, toi là !"
Un homme discret interpela Anton
"Oui toi ! J'ai du chouette matériel à te proposer ! De la pure fabrication artisanale ! Et pas chère !!!"
"Tombée du bateau je suppose ?"
"Ohhh... Comme tu y vas... Tu en penses quoi de ce bel objet ?"
Anton vit alors un petit pistolet à barillet, capable de tirer plusieurs balles en continu.
"Bel ouvrage, je peux essayer ?"
"Fais donc... Pas cher !"
Anton essaya l'arme contre un mur et fut stupéfait du résultat. Il donna à l'homme toute sa fortune et était très satisfait de cette affaire. L'objet méritait vraiment sa valeur.

Avec cette nouvelle arme, Anton était maintenant capable de tirer de nombreuses balles mortelles, il était devenu un tireur redoutable.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:30

De Res Publica


Depuis son exil volontaire, Anton observait l'évolution de l'île. De plus en plus des régimes autoritaires s'affirmaient. Lui qui jadis était à la Cour du Roi, noble connu sous le nom d'Anton du Roure, comte en Vivarais, et se laissait convaincre par les thèses républicaines, n'appréciant pas le principe absolutiste, il retrouvait ici le même fonctionnement.
Il avait goûté au pouvoir mais avait préféré le rendre à chaque élection, estimant que son devoir était de permettre à tout un chacun de s'affirmer sur la scène politique. Il avait mis en place des institutions qui avaient modernisé la France mais qui dorénavant devenaient lentes, lourdes. Il avait aussi su faire preuve d'autorité mais qui avait laissé la place à de l'autoritarisme. Anton ne voulait pas trahir ses amis du Lys et pourtant, il se sentait de plus en plus éloigné des régimes mis en place. La Hollande, alliée fidèle, avait laissé la place à un régime encore plus autocratique.
Chaque nation avait un faible renouvellement politique et condamnait la moindre opposition... mais laissait par contre en paix les bandits et les criminels. La France avait réhabilité un paria, condamné pour meurtre et semblait de plus en plus disposée à imposer à ses concitoyens un nouveau cycle de violence.

De partout, on voyait naître des poches de libertaires aux intérêts variés. Tous se disaient défendre la liberté mais l'appât du gain et du pouvoir les attiraient davantage.

Parmi ces deux antagonismes, Anton ne savait plus où aller. Il avait dans ses effets personnels l'ouvrage d'un libre-penseur européen, le De Res Publica, un ouvrage interdit officiellement et qui défendait une réelle République. Dès son arrivée sur l'île, il avait retiré son titre de noblesse, souhaitant être un de ces citoyens comme les autres mais la marche vers le progrès s'annonce difficile et semée d'embûches.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:32

France


L'histoire de l'île fut mouvementée ce dernier mois. Deux révolutions eurent lieu, une à New Kingston, l'autre à Ulungen. Alors que la première vit la victoire des insurgés et la réhabilitation forcée des membres de la Main Noire, l'autre a été un échec cuisant, condamnant les révolutionnaires à l'exil. Dans les deux cas, les combats furent sanglants mais rapides.
Anton se mettait à espérer une République à Port-Louis, indépendante de la métropole. Il prit alors contact avec l'Espagne pour s'assurer un refuge si la milice royale décidait de le tuer. Son passif avec l'Espagne était lourd mais pourtant, sa demande fut acceptée. Il ne restait maintenant plus qu'à mettre sur la place publique ses thèses républicaines.
Hélas, les évènements vinrent le rappeler à d'autres considérations. Une nouvelle vague de violence éclata entre la France et l'Angleterre, chaque nation se devait de suivre son camp.

Anton comprit qu'il devait à nouveau défendre sa nation, celle-là même qu'il comptait rejeter. Mais il savait que la trahir revenait à trahir ses amis et les condamner à une mort certaine, et ça, il le refusait. Il se mit alors en route vers la ville anglaise, comptant bien faire mettre en terre un maximum de bandits et de voleurs. Il établit un campement de fortune pas loin de la colonie anglaise et mit en place un piège sonore pour le prévenir d'éventuelles attaques nocturnes. Le piège fonctionna à merveille, à chaque bruit, une balle sifflait et un bruit sourd se fit entendre. Au petit matin, trois corps d'Anglais gisaient. Anton prit son couteau et fit trois entailles sur la crosse de nacre de son pistolet.

C'est alors qu'il vit des Espagnols en pleine conversation, montant la garde. Anton passa discrètement, ne souhaitant pas faire couler du sang de ceux qui auraient pu être ses nouveaux compagnons.
"Ola ! Qué calor ?"
Les Espagnols reconnurent alors Anton et firent feu. Anton vit une rafale de balles s'abattre sur lui et eut juste le temps de se réfugier derrière un rocher. Le bruit des balles attira un homme du Lys et un Hollandais, Anton n'arriva pas à se faire entendre et les vit s'écrouler sous les balles. Il sortit alors de sa cachette et fit retentir la poudre. Deux Espagnols furent abattus sur le coup. Anton s'approcha de ses alliés et appela les brancardiers. Leur état était critique mais en enlevant les balles rapidement, ils devraient s'en sortir.

Anton continua alors sa route vers la ville anglaise et réussit à passer les gardes. Il évita des patrouilles et se réfugia dans une planque. D'ici, il pouvait observer les alentours...
Mais ses ennemis ne l'entendaient pas ainsi, deux Anglais firent irruption dans sa planque et l'attaquèrent, l'un d'eux prit la fuite, blessé mais l'autre réussit à maîtriser son adversaire qui n'avait qu'un seul échappatoire : la fenêtre.
C'est chancelant et épuisé qu'Anton s'écroula à l'hôpital de campagne.

Une fois remis sur pied, il retourna vers New Kingston, et par deux fois, le scénario se reproduisit. Ici, un Espagnol, là, un Anglais et à chaque fois, la même conclusion : un lit à l'hôpital, mais l'essentiel était qu'il était en vie.
Les nouvelles du front étaient bonnes et ses blessures n'étaient pas vaines. Ces coups d'éclat ralentissaient considérablement les troupes ennemies et affaiblissaient leurs hommes.

Anton se sentait à nouveau Français.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:32

Déclin et déchéance


Une période difficile venait de s'ouvrir. Après avoir perdu contre l'Angleterre, la France se trouvait dans une nouvelle situation délicate. La piraterie venait de jeter un pavé dans la mare en accusant les dirigeants français d'avoir pactisé avec eux, et cela, afin de casser le pacte avec la Hollande. Ces rumeurs, venant des pirates, n'étaient pas très crédibles mais pourtant Anton fit son enquête. Et ce qu'il découvrir dépassa son entendement.

Un groupe, composé de gens au gouvernement et d'anti-hollandais, s'était constitué et souhaitait rompre à tout prix l'alliance. L'alliance avec la piraterie n'était qu'une étape dans ce plan. Par manque de temps, de capacité et de personnes, ce plan fut un échec mais cela suffisait à réduire considérablement la position française de l'île. Parmi ces personnes se trouvaient Madre Anna, alors gouverneur, et son mari Ashram. Anton se rappelait les nombreuses critiques qu'il avait essuyé à cause d'eux et comptait bien leur faire payer l'addition. Il entreprit une grande campagne de déstabilisation et cela porta ses fruits. Ashram avoua publiquement appartenir aux Rose-Croix, une guilde secrète dont le fer de lance était le massacre de Hollandais et Madre Anna décida de se retirer de la vie politique. Il y avait pourtant un long travail à reconstruire. Toute la grandeur de la France venait d'être réduite à néant en un mandat. Anton leur en voulait énormément et cela s'amplifia quand Ashram fit de réelles menaces à son encontre, postulant aussi au poste de gouverneur. Sa campagne promettait le chaos mais aussi l'élimination de son principal ennemi politique.

Anton fit jouer ses contacts pour abattre son adversaire, un solide dossier fut ainsi constitué, prêt à être dévoilé au bon moment. Le hasard vint à son aide, Ashram ne se présenta finalement pas. Anton était le gagnant de cette histoire : Ashram avait beaucoup trop parlé, montrant ses liens forts avec quelques Anglais et son attitude ouvertement anti-hollandaise et dictatoriale, il savait alors qu'il devait être le plus prudent possible avec ce dictateur en puissance.

C'est alors que Madre Anna le provoqua en duel. La mort était la seule issue pour un des deux combattants. La Corniche fut choisie comme lieu. Madre Anna était sur le pont du navire échoué, blessée. Elle demandait quelques soins avant de débuter ce combat, soins qui furent accordés.
Les deux combattants prirent une nuit de repos avant le jour du duel et au petit matin, quelques curieux s'étaient avancés. Chacun attendait alors le signal de l'autre et ce n'est qu'au soir, dans une atmosphère lourde et pesante qu'il eut lieu.
Les épées étaient à la ceinture et ce furent les armes à feu qui parlèrent les premières. Anton dégaina et tira une salve de balles qui toutes atteignèrent leur cible. Une des balles siffla au visage de Madre Anna et elle évita ainsi le coup mortel. Elle riposta et rata sa cible. La balle suivante d'Anton fut correctement ajustée... le duel était fini, Anton venait de laver son honneur mais il n'avait pas le goût de la victoire en lui mais plutôt celui de la tristesse. Il venait d'abattre une personne, qui malgré leurs inimitiés, avait son respect. Il quitta alors ces lieux, espérant que les secours arriveraient suffisament vite pour la sauver.

Anton savait alors qu'il devait être plus discret et se retirer de l'agitation urbaine. Une longue séance d'entraînement allait débuter dans un territoire hostile. Il comptait aussi trouver quelques ouvrages pour améliorer la poudre de son pistolet, une vieille épave abandonnée en contenait très certainement quelques uns, laissés ici par les chasseurs de trésor.
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:33

Gloire et jeux


Les héraults portaient de grandes nouvelles. L'île de Liberty allait connaître la paix durant une période de festivité : les Olympiades.
Apprenant cette nouvelle, Anton se rendit en ces lieux et souhaita participer. Un peu de distraction lui fera le plus grand bien.
Une équipe internationale se constitua, avec Yomgi, La Talangeoise et Pierre le Buvard. Il en était le quatrième combattant.

Au premier jour, il affronta Maître Sing. Arrivé dans l'arène, Anton ne retrouvait plus ses balles et savait qu'il allait perdre sans elles.
Anton cherchait encore ses balles dans ses poches quand son adversaire s'avança. Anton tira son épée, tenta d'attaquer mais se fit contrer en beauté. Touché par ce cadeau dû à la maladresse d'Anton, Maitre Sing se voit déconcentré et à son tour se fit contrer d'une légère gifle. C'est en lançant cette gifle qu'Anton entendit un cliquetis familier... Les balles étaient tombées de sa poche et se trouvaient dans le fourreau de son épée. Il recula alors et mit en joue son adversaire.
Ce dernier fit de même et Anton lui laissa tirer la première balle. Cette dernière fit mouche. Anton riposta et toucha son adversaire. Les échanges continuèrent quand une balle blessa Anton plus profondément et il se mit un bandage de fortune. Maître Sing en profita alors pour ajuster son arme, tira et s'écria : "Bougre de foutaise, cette arme se dérègle à vue d'oeil !"
Profitant de cette heureuse issue, Anton fit feu. Touché une nouvelle fois , Maitre Sing prend quelque distance pour soigner son épaule meurtrie. Bien appliqué après avoir soigné sa plaie , Sing assène une dernière balle avant de sortir l'empaleuse du fourreau. C'est alors où Anton ajusta une dernière fois son tir et son adversaire s'écroula, une balle dans la tête venait de le défaire.

Pour le deuxième combat, Anton affrontait Nick, un vieil ami. Une pièce déterminait le premier à agir, Face... Au tour d'Anton.
Il ajuste son arme, dit une phrase qui restera dans la postérité : "Je tire ou je pointe ?" Et fait feu...
Le tir était parfait. Nick s'écroula.

Un esclave était le prochain adversaire d'Anton, un dénommé So'cier Po'Teuw de la Nuwï. Les légendes courraient sur ces hommes, certaines prétendaient qu'ils étaient bien membrés, d'autres qu'il s'agissait d'imposteurs, d'autres que ce n'était que des singes mais tous s'accordaient à dire qu'ils savaient se battre.
Ce n'était donc pas confiant qu'Anton entra dans l'arène. L'esclave savait se battre mais Anton se montrait plus agile, hélas, ses ripostes étaient faibles face aux coups de masse du sauvage. Les balles firent mouche mais aucune ne réussissait à percer la caboche de l'adversaire. Anton savait que le corps-à-corps était inévitable.
Et à ce jeu-là, les deux hommes étaient complémentaires. Quand le Noir frappait fort, Anton esquivait et ripostait doucement. Quand Anton touchait, le Noir frappait comme un sourd. Un coup puissant fit sombrer Anton sans connaissance.

Au quatrième jour, Anton affrontait un membre du Lys, l'Amiral Seb. Un nouveau duel qui s'annonçait intéressant.
Anton utilisait comme à son habitude son fidèle pistolet alors que l'Amiral avait préféré opter pour sa lame. Les balles faisaient mouche alors que son adversaire avait des difficultés pour toucher... et les ripostes étaient immédiates. Pourtant, aucun ne faisait la différence. L'Amiral était en posture plus délicate mais sa maîtrise de l'épée pouvait faire la différence.
Un des sauvages dansait et s'approcha d'Anton et lui souffla : "Gwis gwis porte bonwheur. Pour toi." Et il lui tendit une pièce qu'il avait léché.
Cela troubla Anton qui se prit deux coups assez forts. Mais qu'importe, il avait encore suffisament de ressources pour riposter !
Le coup final se fit attendre pourtant. Anton frappait doucement mais affaiblissait son adversaire. Ce dernier trouva la force pour frapper une ultime fois... la dernière. Anton prit sa lame et frappa directement au thorax. L'Amiral s'écroula.

Le dernier match l'opposait à Exeard. Exeard était un excellent escrimeur, réputé pour sa robustesse. Anton savait qu'il ne ferait pas le poids au corps-à-corps et comptait bien sur ses talents de tireur pour s'en sortir.
Le duel débutait mal. Exeard commença et frappait fort. Anton tirait mais ne faisait que blesser son adversaire, parfois il réussissait à riposter à ses coups mais hélas, une pichenette n'aurait pas fait plus mal.
Exeard riait et savourait sa victoire.
Anton recula alors, ajusta son arme et fit feu. Exeard ne riait plus, un rond rouge venait d'apparaître sur son front. Il s'écroula et la foule était en délire, saluant le meilleur tireur de Port-Louis !

Anton était fier de son palmarès, 4 victoires sur 5, ce qui était plus qu'honorable. Hélas, cela ne suffisait pas pour triompher, son équipe était dernière. Mais qu'importe, il s'était amusé et avait prouvé sa vaillance !
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MessageSujet: Re: Ombre et Lumière   Ven 2 Fév - 18:33

Sous l'épave, la plage


Après les Olympiades, Anton retourna dans sa quête. C'est en ces lieux qu'il fut dérangé par les pirates qui venaient de faire irruption. La tranquilité était finie.
Les pirates expliquaient qu'ils venaient pour aider le petit Edward, leur protégé.

Quelques jours étaient passés et Anton n'avait pas encore obtenu de réponse satisfaisante de la part de la piraterie. Il leur avait demandé ce qu'ils cherchaient pour le petit Edward alors qu'il leur avait aussi proposé son aide pour que ce pauvre gosse ne paye pas les erreurs des adultes. Hélas, la voie de la violence semblait déjà choisie pour la piraterie qui imposait ses conditions sans tenir compte des autres.
Il décida alors de les surveiller et ne fut pas déçu du voyage.
Le Général autoproclamé Zapata chantait à tue-tête, se croyant en terrain conquis. Il avait encore du sang sur les mains, celui de ses précédentes victimes, françaises et espagnoles. Aucun bandeau de paix, rien, juste de la provocation. Cela montrait bien les intentions soi-disantes pacifistes des pirates. Ils débarquent en nombre et il faudrait les laisser si proche de notre ville, uniquement parce qu'il faut leur faire confiance ? Et quand on leur demande la moindre information à ce sujet, ils se dérobent ?
C'en était trop pour Anton. Il ajusta son arme et fit feu. Le pirate fut surpris et se cacha une première fois pour se soigner. Puis une deuxième... Et c'est en montrant son triste minois qu'une balle lui défonça la caboche.
Anton laissa alors un message sur le corps.

"Je me doute que les autres pirates liront cette missive. Je vous rappelle que la Corniche est sur le territoire français et n'est donc pas votre réserve de chasse. Vous n'avez donc pas à commettre le moindre crime, que ce soit sur Français, Hollandais ou Espagnols. Cette attaque était un premier avertissement. Allez-vous OUI ou NON nous indiquer vos intentions ? De même, il serait de bon ton de signaler le nombre exact de vos hommes en ces lieux, la proximité de notre cité étant peut-être un raison de ce surnombre. Auquel cas, votre présence en masse sera assimilé par un acte de guerre, surtout si vous ne portez aucun brassard blanc.
Anton"

Hélas, les négociations n'aboutirent pas et deux pirates prirent Anton en embuscade. Il réussit à s'en extraire au prix d'un séjour à l'hôpital. C'est en quittant ces lieux qu'il vit Sanca sur la plage. Il se souvenait alors de sa trahison. Anton appréciait Sanca le Français et avait été prêt à donner sa vie pour son ami. Hélas, la piraterie l'avait attiré et Sanca avait fait le choix de trahir ses frères d'armes. Anton le mit en joue et tira à plusieurs reprises. Sanca ne trouva nul abri et s'écroula, d'une balle dans la tête.
"Adieu. Tu as tué Thomas le Lyssois. Thomas, je t'ai vengé."
Anton attendait maintenant des nouvelles du reste des pirates pour connaître leur position.

Les nouvelles ne se firent pas attendre puisqu'Anton se réveilla à l'hôpital. Etrangement, il a été attaqué par un Anglais qui n'avait aucune raison de l'attaquer : c'était soi-disant un esclave mais c'était étonnant qu'un esclave se balade sans maître et surtout armé. Avançant à pas de loup, le colosse noir se rua sur Anton. Visiblement, il était venu aider les pirates.
Anton n'eut guère le temps de s'étonner car l'homme frappait sans relâche. C'est à l'hôpital qu'Anton comprit... ce n'était pas un esclave mais un déguisement.
La guerre venait d'éclater dans la Corniche !!!

Des soldats espagnols arrivèrent alors, prêtant renfort contre la piraterie. Déjà, des Français pro-pirates se faisaient entendre et Anton envoya un message, à diffuser sur la place publique : il se représente en temps que gouverneur, ceci afin de relever la colonie de Port-Louis. Ses ennemis l'attendaient alors et Port-Louis ne devenait plus sûr pour lui.
Ses prises de position gênaient, il était un homme à abattre.
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